Le Cañon del Colca

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Après une courte escale dans la jolie ville d’Arequipa, on prend la route vers le Canyon de Colca, profond de 3400 mètres. Il était auparavant considéré comme le canyon le plus profond du monde. Toutefois, il a été démontré depuis, qu’un canyon voisin, le Canyon de Cotahuasi était plus profond de 135 mètres. Le trajet en bus fût chaotique et nous a paru bien long alors qu’en réalité c’était le plus court qu’on ait fait jusqu’à présent. Les arrêts imprévus du chauffeur et la route de montagne y sont probablement pour quelque chose! En effet, officiellement, on ne devait s’arrêter qu’à Chivay, mais il y aura bien 10 arrêts avant d’atteindre notre charmante auberge à Cabanaconde.

Jour 1: Le Mirador et la descente

Sur les conseils d’une française qui travaillait à notre auberge, nous prenons le bus de 6h45 pour aller au point de vue de Cruz del Condor  ces fameux oiseaux prennent leur envol au dessus du canyon. Comme Jérémie le dira, des Condors on en a pas vu, par contre des cons d’or qui attendaient comme nous il y en avait bien 300. Au final, le joli point de vue est tout ce qu’on verra car pas de chance cette fois ci avec le plus grand oiseau terrestre volant de l’hémisphère ouest avec une envergure de 3,20 mètres. Ne supportant pas trop l’afflux de touristes, on décide de repartir à Cabanaconde avec le bus local car on est maintenant bien rôdés quand il s’agit d’éviter les taxis et bus touristiques!

La vue depuis le Cruz del Condor
La vue depuis le Cruz del Condor

On décide alors de faire un circuit non classique du canyon sur 3 jours pour vraiment s’en imprégner. Le point de vue d’Achachihua nous en met plein la vue. Au bout de 10 minutes une petite phrase qui m’avait semble anodine la veille me revient en tête « tout ce que tu descends dans le canyon, tu dois le remonter » et c’est un peu démotivée que j’effectue les 4 heures de descentes car le terrain est très glissant. Il faut donc surveiller chacun de ses pas et le fait de voir exactement le sentier du jour et la remontée en zig zag du lendemain me fait soudainement douter de mon envie de faire de la randonnée! On ne croisera qu’un couple sur ce sentier qui dormira dans le même village que nous. Au fur et à mesure de la descente, je prends la mesure du mot « érosion » car ce ce canyon est ravagé par des éboulis et j’ai l’impression que je pourrais en créer un du bout de mes doigts. Arrivés à Llahuar où nous devons dormir, je comprends que le village n’est en fait constitué que de notre lodge! Le dépaysement et l’impression d’être au bout du monde me font oublier ma mauvaise volonté du jour. En bonus, il y a un bassin situé au bord de la rivière alimenté par une source naturelle d’eau chaude et nous profitons de ce moment de détente romantique sous un ciel étoilé où la voie lactée domine; souvenir magique et inoubliable.

Le « village » de Llahuar

Jour 2: Direction l’Oasis

Bercé par le bruit de la rivière, on ne s’est pas réveillés tôt ce matin là et on est les derniers au pti dèj. On attaque donc sous le soleil la remontée sur le versant opposé pendant 3 heures et demi ; pas si difficile que cela au final ! Après une marche sur terrain plat, on aperçoit les terrasses agricoles du village de Malata.

Les terasses de Malata

Une descente d’une petite heure nous conduira à Sangalle, surnommée l’Oasis, car dans ce canyon poussiéreux et aride, ce petit village est le seul situé au fond du canyon et profite donc de l’eau abondante de la rivière Colca. Jardins verdoyants aux fruits exotiques et piscines bleues turquoises nous font envie depuis hier, alors on s’arrête à la première auberge et on enfile nos maillots pour un rafraîchissement bien mérité.

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L’oasis vue depuis Malata

Le cadre est inouïe et nous décidons de faire notre déjeuner avec les papayes et bananes du propriétaire des lieux,Thomas. Nous aurons une discussion touchante avec lui le soir même après le repas, autour des valeurs familiales au Pérou et de ses valeurs touristiques car chez lui les groupes et les agences ne sont pas les bienvenues. Je suis admiratrice de son investissement au quotidien et le garde encore dans mes pensées.

Piscine dans l’oasis de Sangalle

Jour 3: La remontée

Pour atteindre à nouveau Cabanaconde, Jérémie et moi choisissons de nous séparer : je choisis l’option directe de 3 heures alors que Jérémie veut du challenge. En réalité je vais mettre 4h30 à remonter cette côte interminable. Croyant être a mi-parcours au bout d’une heure je décide donc de prendre mon temps. Les muletiers qui sans cesse me proposaient leurs services pour me remonter auraient du me mettre la puce à l’oreille ! C’est au détour d’un virage que je prends conscience de l’ampleur de la tâche !

Les zigzag du canyon !

Jérémie, de son côté, a opté pour le grand tour. Remonter jusqu’au village de Malata, puis traverser Coshnirua, redescendre jusqu’à San Juan de Chuccho, traverser à nouveau la rivière, puis remonter jusqu’à Cabanaconde par une montée similaire à celle que j’ai faite.
La première montée est bouclée en une heure sans encombre. A Coshnirua, il s’arrête pour un petit dèj sec mais nutritif: oeufs durs, patates et avocat. La descente jusqu’à la rivière demande une heure de plus et il attaque la grande montée sur les coups de 9h30, avec un soleil qui commence à taper sévère. Comme moi, il va un peu sous estimer la distance. Après 1h30, il réalise qu’il n’est pas à la moitié. La suite devient plus compliquée car il commence à avoir une crampe à la cuisse et il réalise qu’il est un peu juste en eau (2L au départ). Du coup, il montera vraiment doucement la suite, pour ménager sa cuisse et son eau et bouclera la montée en 4h, plus les 25 min pour rejoindre le village, soit un total de 7h30 en incluant la pause. Je le retrouve légèrement déshydraté, il s’allonge et boit abondamment. Il est furieux de ne pas avoir bien prévu, car ce n’est pas son genre. Le conseil est donc de ne pas prendre la remontée à la légère et surtout d’emporter beaucoup d’eau.

Pour mon plus grand plaisir, c’est la fête de San Pedro de Alcántara, célébré dignement dans le village de Cabanaconde.

C'est la fête au village

Une procession religieuse suivie de défilés avec l’orchestre du village et de danses traditionnelles battront leur plein toute la journée. Les Señoras doivent porter leurs costumes pendant 8 jours et le propriétaire de notre auberge doit nourrir le village pendant 4 jours! Ce soir là, une conaissance rencontrée le jour même nous demande de financer son spectacle de jonglage de feu! Nous dormirons à poings fermés avant de reprendre la route vers Arequipa, de jour cette fois-ci, et de profiter de la vue impressionnante de la vallée notamment vers le village de Yanque.

Le village de Yanque
Le village de Yanque

On retiendra :

  • ne pas prendre de tour ou de guide qui vous font un tour express ! Le canyon et ses habitants s’ouvriront à vous de façon plus authentique; une bonne carte suffit !
  • ne pas sous estimer les distances, nos performances sportives ont été challengées par le terrain et la météo. Prendre suffisamment d’eau !
  • ne pas oublier son maillot de bain car entre les piscines, les bassins et même la rivière, c’est un vrai petit paradis balnéaire en bas là-bas.
Jérémie s’est trouvé un compagnon vu que j’étais tout le temps loin derrière

4 Responses

  1. Ça fait tout drôle de se dire que tout en bas il y a des piscines… En tout cas vous avez du bien apprécier la baignade. Supers paysages… dépaysants !
    Ma foi vous êtes bientôt prêts pour le grand raid ! Bravo pour ces exploits sportifs lol.

  2. Jean-Marc DELPHIN

    A peine fiancés, déjà ….Séparés ! Bon OK, le temps d’une marche seulement; J’ai l’humeur un peu taquine ce soir !

  3. Salut la zamoureux, je me reconnecte au monde virtuel…et la , que vois-je???? votre magnifique periple…merci de partager cette belle aventure….nous vous souhaitons le meilleur….enjoy and take care…lot of Love& Light…

  4. Stéphanie

    Coucou les amoureux! Quel bonheur de voyager à travers votre blog! Vous me faites rêver à chaque article! C’est absolument génial! Merci!!! On vous embrasse ;-)♡

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