La Carretera Austral et la Ruta 40

La Carretera Austral et la Ruta 40

Classé dans : Argentine, Chili | 6

Cet article se veut un peu différent des autres car il relate les arrêts et le trajet nécessaires et parfois galères quand on arrive en Patagonie. En quittant la région des lacs, nous aurions pu prendre un bus direct entre Bariloche et El Chaltén. Mais les Savateurs aiment l’aventure et vont donc transformer ce qui aurait pu être un simple trajet de 27 heures de bus (direct) en un itinéraire qui nous fera prendre 8 bus, 1 ferry, 1 taxi et pas mal de kilomètres à pied avec une bonne dose de patience pendant 5 jours !
Mais pourquoi me demanderez-vous ?!
Afin de pouvoir parcourir une petite portion des deux routes mythiques de la Patagonie en Argentine et au Chili. Dans le premier pays, il s’agit de la Ruta 40 qui s’étend sur 5 000 kilomètres du nord du pays dans la région frontalière avec la Bolivie jusqu’à la pointe patagonienne de Río Gallegos. Parallèle à la cordillère des Andes, elle traverse 20 parcs nationaux, 18 cours d’eau et 27 cols, reliant ainsi les principaux attraits touristiques du pays. Cette route est à l’Argentine ce que la route 66 est aux États-Unis.
Au Chili, il s’agit de l’unique Carretera Austral inaugurée en 1986 sous le règne du général Pinochet. C’est d’ailleurs pour cela que jusqu’en 1989, son nom officiel était Carretera General Augusto Pinochet. Elle s’étend officiellement de Puerto Montt à Villa O’Higgins sur 1 240 kilomètres. Ce fût un chantier gigantesque et une importante réalisation pour Pinochet car cela permit de désenclaver des régions du Chili qui n’étaient jusqu’alors accessibles qu’en passant par l’Argentine. C’est donc tout naturellement que sa réalisation a mobilisé plus de 10 000 soldats pendant 10 ans.

Nous sommes le vendredi 2 janvier et personne ne sait vraiment quels sont les nouveaux horaires de bus. Après avoir attendu au mauvais endroit et poireauté 10 minutes devant l’arrêt, on songe à arrêter un taxi de peur de rater notre bus. Je jette un dernier regard en arrière et aperçoit que la navette pour le terminal de bus arrive enfin. Ce premier trajet va nous emmener jusqu’à Esquel où nous resterons une petite heure. Par chance nous trouverons une agence de voyage dans la gare (improbable vu la taille de la ville) qui acceptera de nous vendre des billets d’avion contre paiement en cash. Rien d’exceptionnel me diriez-vous ? Alors vous n’avez pas eu écho du marché bleu en Argentine expliqué ici. En résumé, si on paye en carte de crédit, on paye 30% plus cher car cela revient à changer au taux officiel, mais pas les agents de change que nous avons utilisé. C’est un soulagement car Bariloche était la dernière grande ville avant de s’enfoncer dans la Patagonie profonde. La dame de l’agence de voyage nous conseillé de prendre un bus qui nous avancera sur notre trajet vers la frontière au lieu d’attendre ici. On suit son conseil pour se retrouver dans une ville bien plus petite où on passera l’après-midi à dormir sur une petite place boisée. On aperçoit à plusieurs reprises un français d’un certain âge qui a l’air complètement paumé qu’on avait déjà repéré dans le bus du matin. A 18h le bus pour la frontière passe enfin. Les paysages traversés sont différents et exceptionnels et on comprend qu’on a passé un cap ; nous sommes en Patagonie !

A notre grande surprise, le bus nous laisse à la frontière et un mini bus, qu’on devra aussi payer, fait la navette du côté chilien à un prix exorbitant ce qui va énerver notre compatriote français qui ne comprend pas l’espagnol, n’avait pas de monnaie locale et est apparemment un peu sourd. Le trajet jusqu’à la ville frontalière de Futalefeu dure à peine 15 minutes et on finit dans une auberge toute en bois avec une vue imprenable sur la montagne alentour. On est un peu excentrés du centre et ce n’est pas pour me déplaire. Ce soir nous aurons la chance d’avoir un dortoir pour nous tout seuls qui en plus comprend un lit double… Yeah !
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Le lendemain matin est consacré à vérifier comment on va sortir de ce trou perdu. Notre compatriote français nous attendait en bas de notre auberge pour qu’on l’aide à retirer de l’argent car il ne comprend rien au distributeur automatique. Il me fait de la peine à être autant en galère. Le programme de l’après-midi, ce sera repos pour moi ; la vue depuis le salon se prête à la lecture et à la sieste.
Jérémie décide d’explorer les environs en faisant une petite randonnée sur les hauteurs.

En fin d’après-midi on va se rafraîchir dans une rivière. L’eau est extrêmement glacée mais au moins on s’est baigné en Patagonie !

tout va bien pour la photo...
tout va bien pour la photo…
en fait c´est vraiment glacé !
en fait c´est vraiment glacé !

Dimanche 06h30 on prend un bus qui doit nous déposer sur la fameuse Carretera Austral. Ce bus ne passe que deux fois par semaine on est donc arrivés au bon moment. Le terminus de ce bus se situant au départ du bus qu’on doit prendre juste après, on décide en chemin de pousser jusqu’au terminus à Chaitén car cela ne coûte que 1000 pesos de plus. On se dit que c’est mieux car on attendra dans une ville plus grande et on verra du paysage. Mauvais calcul de notre part car au moment de payer notre deuxième bus pour faire le même trajet dans l’autre sens on paye 6 fois plus cher… Oups ! Malheureusement, la pluie est de la partie et l’on ne verra pas grand chose de la mythique route si ce n’est qu’elle est encore en construction ou quasi refaite à neuve par endroits. Lors d’une pause toilette, notre français qui nous suit depuis hier n’arrête pas de se plaindre et commence vraiment à m’énerver par son attitude agressive et négative. On arrivera à minuit à destination dans la ville de Cohaique. Après avoir marché 45 minutes pour chercher un logement, on finit par trouver un truc potable. Surprise surprise on tombe nez à nez avec le français qu’on avait essayé de semer et il nous dit désolé pour vous mais on se retrouve. Nous nous endormons rapidement. Au petit matin mauvaise surprise… La veille, avec la fatigue on a pas trop réfléchi et on a mis le téléphone de Jérémie à charger à l’extérieur de notre porte car on ne trouvait pas de prise à même les murs de notre chambre. La suite vous la devinez, le téléphone n’est plus la au réveil et la maîtresse de maison gênée regarde le registre et nous dit que c’est forcément le jeune chilien qui voyageait seul. On essaie de pas trop prendre de retard et achetons un téléphone à Jérémie car à notre grande surprise les prix sont encore raisonnables dans cette partie retirée du pays.
A 14h un mini bus passe nous prendre à l’auberge direction Puerto Ibanez ou le ferry décolle à 18h.  La traversée du lac,  appelé Lago General Carrera au Chili et Lago Buenos Aires en Argentine, est à couper le souffle.

A cheval sur ces deux pays, c’est le deuxième plus grand lac du sous-continent après le lac Titicaca. Il abrite un phénomène géologique unique baptisé cathédrale de marbre que nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de visiter. Vous pouvez cependant l’admirer en cliquant ici.

20h10 on récupère nos gros sacs et pensons prendre un bus pour la frontière à 8km de là mais il est trop tard et on se rabattra sur un taxi qu’un camion bar a gentiment appelé pour nous. Un jeune homme partage notre trajet.
21h45 le douanier nous signale qu’il y a 5 km de no man’s land jusqu’au poste argentin. Il ne peut donc pas nous laisser sortir du Chili car nous ne serons pas à temps en Argentine pour la fermeture de la frontière dans moins de 12 minutes…. Bien sur notre taxi est reparti… Le jeune homme signale au douanier que quelqu’un l’attend de l’autre coté de la frontière. En voyant nos têtes désemparées et surprises il décide de nous emmener personnellement, à vive allure !
21h58 On entendra presque les portes se verrouiller après notre passage car nous étions les seuls et bien les derniers. On marchera 3 km ce soir-là jusqu’à la ville et après avoir tapé à plusieurs portes on se retrouve à payer une cabane qui peut héberger 6 personnes une fortune mais c’était ça ou on dormait dehors…
Le lendemain matin nous sommes seuls à la gare pour le bus de 8h. Ha oui c’était 8h du soir ? Bon on retourne dormir dans notre cabane en maudissant la femme qui nous a induit en erreur la veille. Les propriétaires très sympa nous laisseront utiliser la cuisine et les toilettes jusqu’à 20h. Un petit tour en ville et on découvre que la fête de la cerise a lieu dans 2 jours… Pas de chance on va la rater mais on a bien trouvé des cerises délicieuses et on s´ est promené au bord du lac.

20h30 le bus décolle et nous aurons jusqu’à 23h30 pour admirer les panoramas qu’offrent la Ruta 40 car ici il fait jour 18 heures par jour !

On fera une pause en plein désert patagonien où un clin d’œil à la télévision me rappelle que la course du Dakar a commencé et ne passe pas très loin de là où nous étions il y a un mois de cela. Au petit matin nous atteignons finalement El Chaltén pour de nouvelles aventures que vous pourrez lire sur l’article consacré.
On retiendra :

  • la rareté des bus et de l’information les concernant, il ne faut pas être pressé ou trouver un voyageur qui l’a fait très récemment
  • l’arrivée en Patagonie par des routes légendaires qui mériteraient qu’on s y attarde plus
  • le manque de vigilance dû à la fatigue !
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Mais tu fais quoi Jérémie…

 

6 Responses

  1. Trop bien votre voyage en bus faut avoir de la patience pour faire tous ces changements vous vous compliquez la vie lol mais ça en vaut la peine on dirait !!! Amusez vous bien !! Bisous mon ti requin !!

    • Oui ça vaut vraiment la peine pour bien découvrir! Bisous mon pti dauphin

  2. Stéphanie st denis

    Génial même si au bout du monde il y a toujours un français grincheux hahahahahah!
    18h de soleil par jour c’est le top pour bien profiter! !!! Bisous les savateurs

    • Comme tu dis! Contente de l’avoir semé:) bisoux a vous 2 et 1/2 des savateurs

  3. ah ah ah ! ça vous apprendra à vouloir speeder comme ça ! J’ai pas eu autant de galères, en restant 2 nuits à coyhaique, 1 à chile chico et 1 à los antiguos 😉

    • Lol nan t as pas compris on aime l’aventure et surtout ne pas se poser une nuit a un endroit … Ça on trouve que ça sert à rien on préfère connaitre un endroit vraiment ou le zapper …

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