Le Machu Picchu à moins de 100€

Classé dans : Pérou | 10

Le Saint Graal des monuments péruviens. Les pyramides d’Egypte à la sauce sudaméricaine. Vous l’aurez compris, le Machu Picchu est LA destination incontournable du touriste qui visite le Pérou.

Comme tout site sacrifié au tourisme de masse, la cité perdue des incas s’est entourée malgré elle d’une pléiade de personnes qui y voient une manne financières inépuisable : transporteurs, hôteliers, restaurateurs, agences, intermédiaires et intermédiaires d’intermédiaires…

Tous n’abusent pas de la situation, loin de là. Mais pour les voyageurs à petit budget que nous sommes, visiter ce site magnifique sans vider notre portefeuille demande un minimum de temps, d’effort (physique) et d’information.
Une solution existe pourtant et s’est popularisée ces dernières années. Je ne vais pas vous révéler le secret le mieux gardé de l’année, d’autres blogs en parlent, et pourtant je trouve que l’information pourrait être mieux répandue. Je pense notamment aux guides de voyage (Routard, Lonely Planet) qui ne mentionnent pas cette solution.

Parmi tous les vautours acteurs du tourisme qui s’en mettent plein les poches, les premiers d’entre eux sont sans conteste les différents transporteurs ferroviaires. En effet, pour ceux qui ne sauraient pas, le Machu Picchu est une citée « perdue », perchée sur une montagne là où les Andes deviennent jungle. Pour y accéder, il faut monter depuis Agua Calientes (appelé également Machu Picchu pueblo), village accessible uniquement par le train. Forts de cette contrainte, PeruRail et consorts pratiquent des prix prohibitifs : c’est parait-il le train le plus cher du monde au kilomètre tout en étant loin d’être le plus moderne.

L’alternative la plus répandue au train est la marche. Le chemin de l’inca, le seul à arriver directement sur le site sans passer par Agua Calientes est plus cher que le train. D’autres treks, moins coûteux sont devenus très populaires.

Mais le moins coûteux reste la manière suivante : à l’arrière du Machu Picchu, le long de la voie ferrée, à seulement 10km, se trouve l’endroit le plus proche accessible par la route. Il ne s’agit pas d’un village mais d’un site de production d’énergie hydroélectrique appelé simplement « Hidroelectricas ».

Il suffit donc de prendre un bus jusque là-bas puis de marcher le long de la voie pendant 2h pour arriver à Agua Calientes. Coût de l’opération : 70 soles (env. 20€) A/R. N’importe quelle agence de Cusco propose ce trajet en bus touristique. Les agences insisteront pour un retour le lendemain mais cela fait peu de temps sur site : insistez pour un retour le jour suivant. N’essayez pas d’y aller en transport « local », vous mettrez plus de temps et risquez de payer plus cher car il y a de grandes chances que vous deviez prendre un taxi entre le dernier village, Santa Teresa, et Hidroelectricas.

Cette solution présente quand même un inconvénient majeur : la route depuis Cusco est longue, 6 à 8h, et chaotique. Moi qui suis sujet au mal des transports, je me suis senti vraiment mal.

Agua Calientes est une ville chère mais vous pouvez vous loger avec un confort minimal pour 20 soles par personnes. Nous avons choisi l’hospedaje « Los Caminantes », qui offre un bon rapport qualité-prix.

Pour l’accès au site depuis Agua Calientes, vous pouvez économiser encore $20 en ne prenant pas le bus. A ce moment de la lecture, vous vous dites que je me moque de vous car j’ai dit plus haut qu’il n’y a pas de route à Agua Calientes. En fait, il y a juste un morceau de route construit pour accéder au site du Machu Picchu, qui est en hauteur. Compter 1h de montée raide et 30mn pour redescendre en fin de journée.

Les frais restants sont le ticket d’entrée et la nourriture:

  • Pour le ticket d’entrée évidemment, rien à faire. Comptez environ 140 soles selon la formule choisie (voir plus loin).
  • Pour la nourriture, ce n’est pas forcément excessif. Nous avons emporté de l’eau, des snacks et de quoi faire des sandwichs depuis Cusco. Le soir nous avons trouvé un petit resto fréquenté par des locaux et pour le petit-dèj, nous avons été au marché. Pour moins de 10 soles par personne, on a eu 1L de jus de fruit frais (non coupé à l’eau) pour 2, un petit sandwich et un morceau de cake.

Au total, on s’est sorti pour environ 300 soles par personne pour 3 jours 2 nuits tout compris.

Après les aspects pratiques et financiers, parlons un peu de notre expérience proprement dite.

Le Machu Picchu est situé dans une zone de transition entre l’altiplano, le très vaste plateau andin et la jungle amazonienne. On est donc dans une zone montagneuse mais tropicale avec une végétation luxuriante. Un peu comme à la Réunion en fait…

Le long de la voie ferrée

Dans cet environnement, la marche le long de la voie ferrée, au bord de la rivière est très agréable car le coin est resté très sauvage et car c’est plat.
On reste généralement sur un sentier en terre mais parfois on doit marcher sur les pierres de la voie ferrée, ce qui est moins sympa. Il y a aussi quelques passages de ruisseaux où on doit sauter sur les traverses de la voie.

C’est une voie simple, la circulation est donc alternée (je suppose même qu’il n’y a qu’une rame qui circule). Les trains ne présentent quasiment aucun danger car ils sont très peu fréquents, peu rapides, et signalent leur présence de loin.

Ayant commencé à marcher à 16h, nous avons terminé la marche de nuit à la frontale.

Je voudrais ajouter un petit mot sur le village d’Agua Calientes. Ce petit village dont toute l’activité tourne autour du Machu Picchu a la mauvaise réputation du piège à touriste. Nous avons trouvé cela plutôt injustifié. Des options peu coûteuse existent. Les prix un peu plus élevés sont justifiés par l’inacessibilité du village. Les quartiers centraux de Cusco sont aussi chers mais la seule justification est le tourisme.

Agua Calientes depuis la rivière

De plus, le village lui-même dispose d’un charme bien à lui, coincé au fond de cette vallée splendide, sans voiture et construit le long de la voie ferrée.
Certes, on y passerait pas 1 semaine mais le séjour ne fut pas désagréable.

Entrée en gare du train

Bref, couchés tôt, nous sommes partis à 4h30 du matin pour être aux grilles dès l’ouverture. Les portes ouvrent à 5h en bas, et celles du haut à 6h. Nous sommes parmi le premiers dans la queue en bas mais beaucoup nous dépassent dans la montée. Pendant que l’on grimpe l’escalier inca interminable, le jour se lève lentement. Les premiers bus partent à 5h30 donc quelques-uns arrivent avant nous. L’ascension nous prendra une heure, on arrive donc pile à l’ouverture mais une petite foule s’est amassée devant nous. Pas énorme, mais suffisante pour nous priver des photos « cartes postales » sans personne dessus.

Ce qui frappe en premier, c’est la taille du site. C’est une vraie ville qui s’étend devant nous.

Le site archéologique et le Huayna Picchu au fond

Nous remettons à plud tard la visite des ruines principales et filons vers le pont de l’inca. Ce pont était une des entrées secondaires qui permettait l’accès à la cité par un étroit et vertigineux sentier à flanc de montagne. Le « pont » en lui-même est une simple planche de bois qui pouvait être retirée à la manière d’un pont-levis pour bloquer l’accès à la cité.

Le pont de l’Inca et le chemin perdu sous la végétation

Nous décidons ensuite de monter au sommet du mont Machu Picchu sur lequel les ruines sont construites.

Il existe 3 billets d’entrée pour le Machu Picchu :

  • Machu Picchu seul
  • Machu Picchu + Huayna Picchu
  • Machu Picchu + montaña

Le Huayna Picchu est la montagne auquel le site est adossé. Son ascension est très populaire au point que le nombre d’entrées a été limité. Au départ, seuls les premiers arrivés chaque jour pouvaient y accéder. Aujourd’hui, on doit acheter le précieux sésame avec son billet d’entrée. Malheureusement pour nous, il n’y avait plus de places disponibles. Il fallait réserver 3 semaines à l’avance (plus tôt encore en haute saison).

Nous nous sommes rabattus sur la montaña sans savoir ce que c’était en espérant avoir un point de vue en hauteur. Bien nous en a pris. La montaña, en réalité le mont Machu Picchu, offre une bien meilleure vue que le Huayna Picchu, la principale raison étant que depuis le Huayna Picchu on ne voit pas… le Huayna Picchu pardi ! On monte également beaucoup plus haut pour obtenir une vue sur toute la vallée environnante.

Certes, la montée est plus longue. Mais même à mi-chemin on a une vue incroyable.

Des escaliers, des escaliers… Encore des escaliers

J’arrive au sommet en 50 minutes en allant très vite. Aurélie mettra 2h. Je pense que la durée moyenne est de 1h30. N’écoutez pas le type de l’accueil qui dit à tout le monde qu’il faut 1h. Il y a plus de 600m de dénivelé ! La montée est très raide mais pas trop technique car les incas ont pensé à nous en construisant des marches en pierre jusqu’au sommet. Attention quand même car certaines marches sont hautes et/ou étroites.

Au sommet, vous êtes à plus de 3000m et avez une vue imprenable. On s’est au final vraiment demandé pourquoi tout le monde choisissait l’ascension du Huayna Picchu. Alors oui, les incas ont construit quelques bâtiments à son sommet, ce qui est une prouesse, mais ils sont visibles de loin donc à choisir, grimpez plutôt sur le Machu Picchu.

Après avoir profité de la vue pendant 1h en attendant Aurélie, j’ai pu profiter de la vue avec Aurélie pendant 1h !

Si si, ce sont bien les ruines le tout petit machin qu’on voit tout en bas

Près de 9h ont déjà passé depuis que nous nous sommes massés aux portes du site quand nous commençons la visite de la cité proprement dite.

Le temple des trois fenêtres (et des lamas fainéants)

Les ruines sont intéressantes mais les autres sites que nous avons précédemment visités témoignent d’une maîtrise technique supérieure.

Les fameux murs incas dont les immenses blocs de pierre ont été polis de manière à s’imbriquer parfaitement sont certes présents au Machu Picchu mais moins impressionnants que ceux du site de Sacsayhuamán près de Cusco. De même, les terrasses de Pisaq sont plus grandiose.

Mur de la forteresse de Sacsayhuamán

Même si dépassé techniquement, le Machu Picchu reste un site unique, avec une aura très particulière, pour toutes les raisons suivantes :

  • sa situation : c’est une vraie citée perdue, au cœur d’un site naturel magnifique
  • on ne peut rester insensible face à la prouesse technique qu’il a fallu réaliser pour bâtir une telle cité dans un endroit si inaccessible
  • l’étendue et l’état de conservation des ruines est incomparable

Nous avons eu le droit à un « bonus animalier » avec un gentil lama qui a accepté de poser avec nous en souriant et la vue de deux viscaches, sortes de lapins-écureuils, qui prenaient un bain de soleil.

Un viscache qui se montre
Un viscache qui se montre

Au final, nous avions peur d’être déçus par un site sur lequel nous avions portés d’attentes et au final, la réalité a dépassé ces attentes.

On retiendra :

  • le Machu Picchu pour moins de 100€ est une réalité ; il suffit d’avoir 3 jours devant soi, de bonnes jambes, et un sens minimum de l’aventure
  • Faites l’ascension de la montaña, ça en vaut vraiment la peine
  • Ce lieu est vraiment magique et à la hauteur de sa réputation. Si possible, passez une journée entière sur site ; il est dommage d’amputer la visite
Notre nouvel ami…

10 Responses

  1. Magnifique ! Bel article ça fait voyager et rêver

  2. Olivier Fraunié

    Le tourisme est une calamité! – et je sais de quoi je parle 😉
    Mais les débrouillards s’en sortent toujours en empruntant les chemins de traverse!
    Amusez-vous bien! Bises.

  3. Jean-Marc DELPHIN

    Des photos magnifiques et des commentaires toujours plaisants ! Bonne continuation à tous les deux.
    Bises,
    Jean-Marc

  4. Aurélie L

    Je veux un viscache !
    Vous croyez qu’il s’entendrait bien avec Jozy ?

    • je pense qu’ils se kifferaient trop !!! la prochaine fois qu’on en voit un on le kidnappe

  5. Une étape de foufou!!! Merci pour tous ces articles ca nous permet de voyager aussi avec vous 🙂
    Ca me donne encore plus envie d’y aller aussi
    Profitez encore et encore. Bizzzzz

  6. Bonjour,

    Beau reportage!
    Aviez-vous du réserver votre logement (Los Caminantes) d’Aguas Calientes avant votre arrivée ?
    Merci pour votre réponse.

    Jérémy

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