Trek de Santa Cruz

Classé dans : Pérou | 14

On a réussi ! Après une longue semaine d’acclimation, on s’est lancés dans ce populaire trek de 4 jours incluant un passage de col à plus de 4700m d’altitude. Finalement, ce n’était pas si difficile.

Le Santa Cruz est un des treks les plus populaires au départ de Huaraz. Il est situé dans la Cordillera Blanca et se fait en général en 3 ou 4 jours. La Cordillera Blanca, qui fait partie des Andes péruviennes, est la chaîne de montagnes qui comprend le plus grand nombre de sommets de plus de 6000m après l’Himalaya. Le point culminant du trek est un col à 4750m. Il n’est pas très difficile, mais demande un minimum de préparation en raison de l’altitude et du climat.

L’heure des préparatifs

Comme nous n’étions pas équipés, on a fait le choix de passer par une agence, comme la majorité des trekkers. Pour la choisir, on a pas vraiment fais nos devoirs. On a suivi aveuglément l’avis d’un couple de voyageurs que l’on a rencontré là-bas. Nous n’aurons pas à le regretter. L’agence s’appelle Quechuandes, gérée par Marie, une belge. Pas de suprise, l’agence est bien référencée dans les guides et sur le web. Elle est en revanche plus chère que la moyenne. Mais c’est le prix à payer pour avoir des guides bien formés et aussi des animaux bien traités. Certaines agences chargent trop les ânes, les mettant en danger.

Le prix reste modéré, environ 35€ par personne par jour et comprend transport, guide, nourriture, matériel de camping et port des bagages. Le staff comprend 1 guide, un cuisinier et un muletier pour 8 trekkers.

Jour 1- La route et le départ

On rencontre l’équipe, et en particulier notre guide, Hector, ainsi que les 6 autres trekkers. Surprise : il s’agit uniquement de francais : 2 couples de routards comme nous et un couple de retraités en vacances. L’aventure commence par un trajet de près de 5 heures, dont une bonne partie sur une route de montagne non goudronnée, sinueuse et vertigineuse. En chemin, on passe au pied du mont Huascarán, donc le pic sud, qui atteint 6768m, est le point culminant du Pérou et le 2e plus haut sommet du continent. On a la chance de d’avoir une vue découverte sur le sommet.

Pic sud du Mont Huascaran
Pic sud du Mont Huascaran

La route passe par l’endroit où nous avons commencé notre marche vers la Laguna 69 quelques jours auparavant. La route monte, monte, monte, jusqu’à un col à plus de 4700m qui nous emmène dans une autre vallée où nous allons démarrer le trek.

Vue sur les lacs Llanganuco depuis le col
Vue sur les lacs Llanganuco depuis le col

Etant donné l’isolement du lieu, je ne m’attendais certainement pas à atterrir dans un village, et pourtant il y a bien des gens qui vivent ici. Ce sera le point de départ de notre trek. C’est là aussi que l’on rencontre le muletier. Au départ, le soleil brille et il fait chaud. La marche, bien que jolie, diffère peu de paysages rencontrés les jours précédents.

On arrive au camp après quelques heures de marche. Miracle, le muletier et le cuisinier qui nous ont précédé ont déjà établi le camp : 1 tente par couple pour dormir, 1 tente cuisine, 1 tente salle à manger et 1 tente toilettes. Les toilettes ne sont en fait qu’un trou dans le sol entourés d’un bout de tissu.

 

Nous sommes accueillis avec boisson chaude au choix, dont le traditionnel mate de coca, l’infusion de feuilles de coca, et des petits gâteaux. Le luxe. A peine 1-2 heures plus tard, on remet ca avec un dîner plus que copieux.

Notre camp
Notre camp

 

2e jour – le col et la pluie

C’est LE jour important, sportivement parlant et en termes de paysages : on va franchir le fameux col Punta Union. Reveil à 6h avec mate de coca amené au lit et une bassine d’eau chaude pour faire sa toilette. Le temps de ranger et on passe au petit dèj, copieux encore, avec des oeufs brouillés et du pain.

On décolle avant 8h sous un ciel couvert. Les paysages deviennent de plus en plus jolis au fur et à mesure. La montée est progressive, mais de difficulté moyenne. On ne ressent pas trop l’altitude au final. L’ascension devient plus raide en se rapprochant du col et une pluie légère se met de la partie. Finalement, je laisse Aurélie un peu derrière pour garder mon ryhtme et arrive en haut après 4h15 de marche.

Vue depuis le col Punta Union
Vue depuis le col Punta Union

Aurélie arrive environ 30 minutes plus tard, en forme.

Aurélie au sommet avec Hector le guide et Eleonor
Aurélie au sommet avec Hector le guide et Eleonor

La récompense est immédiate : une vue panoramique sur 2 splendides vallées, celle dont on arrive, sans neige, et celle que l’on s’apprête à emprunter, avec un lac turquoise et un glacier.

Lac et glacier près du col Punta Union
Lac et glacier près du col Punta Union

On est également entourés de plusieurs sommets qui dépassent les 6000m. Pourtant, même si, coup de pot extraordinaire, le temps s’est bien éclairci, ces sommets restent majoritairement couverts. On prend le temps de grignoter là-haut en admirant la vue et on enregistre la preuve de notre exploit.

Tout le groupe au sommet du col
Tout le groupe au sommet du col

La redescente vers notre deuxième camp prendra moins de 2 heures, mais la pluie s’est remise à tomber de plus belle. Pour le haut, nous sommes bien équipés, mais nos pantalons prennent l’eau. Nous sommes les seules à nes pas avoir de poncho ; au final, cela fera peu de différence, les autres seront aussi trempés que nous. A l’arrivée, seule les tentes communes ont été montées, le muletier préfère attendre que la pluie s’arrête. On se regroupe tous dans la « salle à mager » avec un thé en attendant l’éclaircie. On grelotte : on est encore à 4200m. Au premier calme, nous montons le camp tous ensemble. La soirée et la nuit ne seront qu’une succession d’averses plus violentes les unes que les autres. Avec nos duvets bien chauds et nos affaires sèches, nous passerons néanmoins une bonne nuit.

3e jour – La vallée et la détente

Au petit matin, le temps reste maussade et dès le début de notre marche, nous devons faire un choix : le trek comprend un détour optionnel permettant l’accès à un lac et un point de vue. Cela ajoute 4 heures aller/retour. Etant donné la pluie qui s’est remise à tomber, on se décide rapidement pour laisser tomber et marcher directement vers notre objectif du soir. On marche le long de la vallée en atteignant rapidement la ligne de pluie : beau temps devant, pluie derrière. Cette ligne nous suivera toute la matinée. La marche devient plus agréable. On longe une grande plaine désolée faite de roches boueuses. Le guide nous explique qu’en 2012 un gros bloc de glace s’est détaché de la montagne, faisant exploser un lac et créant une gigantesque avalanche dans la vallée. La coulée fait plusieurs kilomètres de long et plusieurs centaines de mètres de large. La plaie est encore vive, rien n’a encore repoussé.

Au pied de la coulée de boue
Au pied de la coulée de boue

Sans le détour, la journée de marche est vite terminée. On est au camp à midi. Le soleil est revenu. On se détend dans un cadre magnifique entre 2 lignes de montagnes. Aurélie en profite pour ne rien faire. De mon côté, j’explore le coin, monte sur un gros rocher qui surplombe le camp, me lave dans la rivière glacée puis termine l’après-midi en rejoignant le guide qui est parti taquiner la truite dans la rivière.

 

Sessionpêche
Session pêche

Il en attrapera 6 petites que le cuisinier ajoutera dans les pâtes du soir. On passe une bonne soire avant notre dernière nuit de camping.

Jour 4 – La descente

Pour terminer, on doit redescendre de 3700m à 2900m. Ce jour-là encore, la marche sera courte. Du coup, on s’arrête souvent en on profite du paysage. Ayant zappé le détour du jour 3, on aurait pu terminer le trek en 3 jours.

On arrive bien avant midi, sous un soleil de plomb. On s’installe tous autour d’une bonne bière pour fêter notre réussite.

L'arrivée
L’arrivée
On retiendra :

  • la cuisine : tout est possible même au milieu de la montagne tant qu’on a un bon cuistot et des mules pour le transport
  • le groupe avec qui on aura passé de supers moments. J’inclue évidemment notre guide, Hector
  • la pluie qui malgré les paysages époustouflants a un peu terni le tableau ; y aller de préférence plus tôt dans l’année
Nos amies les mules
Nos amies les mules

 

14 Responses

  1. Vous etes au top! Je vois que vous Avez déjà acquis les bonnets peruviens 😉 super lecture de bon matin, j’ai vraiment hâte de lire la suite – merci pour le partage!

  2. Aurélie Lasherme

    Aurélie, une seule question : as-tu moulu le poivre sur la route ?
    Moi je crois que j’aurais moulu au moins une tonne !!
    Superbes photos
    Bisous

    • Ah! Ah! Ah! Tu nous a fait tellement rigolé Aurélie, merci! Tu as tout compris l’article étant écrit par Jérémie c’est une vision plus sereine de ce que j’ai vécu… j’ai bien du moudre de quoi nourrir le Pérou un bon moment avec les mots « avalanches », « failles géologiques », « mal de l’altitude » mon esprit avait trop d’info à gérer! Tu me connais trop bien 🙂

  3. WAOW!

  4. Jean-Marc DELPHIN

    Bravo, de bien belles montagnes, de bien belles photos, de bien belles personnes, pour une bien belle randonnée en haute montagne ! Bravo à tous les deux et à Hector, qui vous a mené à bon port 🙂
    Bonne continuation à tous les deux.

    Jean-Marc

  5. Waouhhhhh ça envoie du rêve !!!!!!!

  6. Génial ,franchement vous êtes au top. Et Jérémie écrit très bien. Aurelie bravo pour la perf !

  7. Aurélie Llorca

    Wahooo magnifique photos, magnifiquement écrit ! Ah mais que je regrette de n’avoir pu être là à votre crémaillère et vous dire byby ! Votre blog est juste magnifique ! Merci de nous faire partager cela !

  8. Shirley Jeoffreys

    Wow! I am very jealous… I can’t wait to see more.

  9. Lee Appleton

    Sounds amazing frenchy…great pics 🙂

  10. Vous êtes au top !!! Profitez au Max !!!

  11. Et qu’est-ce qui nous prouve que vous êtes vraiment au sommet du col ???
    je plaisante inutile de s’emporter comme ça 😉

  12. Michel REXACH

    D’évidentes qualités de photo-montage, bravo pour la technique !
    Je doute comme Duff

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