El Valle Sagrado de los Incas

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Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de prendre un bus touristique pour visiter la vallée sacrée autour de la région de Cuzco, appelée ainsi pour toutes les ruines incas qu’elle abrite. Au vu de la journée qui nous attend j’appellerais plutôt ça une sacrée vallée ! Cuzco était historiquement le centre névralgique, la capitale de la civilisation inca, un peu comme une petite Rome. Rappelons que 180 conquistadors espagnoles ont réussi à détruire cet empire qui, en réalité, a duré 100 ans.

Nous avons donc commencé notre journée en présentant nos nationalités dans le bus et en applaudissant pour se souhaiter la bienvenue #WTF. Avant même avoir fait une heure de route, nous avons eu droit à une pause touristique pour admirer les cultures de quinoa et prendre un petit déjeuner typique pour ceux qui veulent goûter au traditionnel « choclo con queso », maïs bouilli servi avec du fromage maison.

Petit dèj typique

Písac

Après une explication du nom totalement imprononçable du Dieu suprême des Incas à barbe blanche, nous nous arrêtons pour admirer la vue sur l’entrée de la vallée sacrée. Notre premier arrêt « archéologique » sera dans le village de Písac. Un détour dans une bijouterie locale nous apprendra que l’or et argent étaient historiquement portés par les nobles uniquement, car considérés comme le sang des Dieux (argent : sang de la lune ; or : sang du soleil). Písac, qui signifie Perdrix, doit son nom à la forme de ses terrasses dont on pense qu’elles représentent l’aile de cet oiseau. Ces terrasses, positionnées à différentes altitudes, permettaient aux Incas de cultiver de bas en haut, grâce à des micro-climats générés par l’écoulement des eaux en terrasses inclinées de 14 degrés. Tout en bas, les feuilles de coca qui ont besoin de plus d’humidité servaient entre autre d’apport en calcium sous forme de farine. Au milieu se trouvait le maïs sous toutes ses formes, et tout en haut les patates et le quinoa. C’était une sorte de laboratoire génétique géant où les variétés étaient croisées à l’infini.

Les terrasses de Písac

On apprendra aussi que les nobles vivaient tout en haut dans une citadelle fortifiée pour deux raisons : plus difficile d’accès en cas de guerre mais aussi pour être au plus près des Dieux. Au milieu de la montagne vivait la classe moyenne formée des médecins, architectes et professeurs. Sur le flanc de la montagne opposée, le « cimetière » inca où les momies des nobles uniquement, étaient disposées. Malheureusement, ces sépultures ont été profanées  pour les objets de valeurs qui s’y trouvaient.

Le cimetière…

Notre guide nous expliquera aussi tous les symboles du Chacana, une croix inca qu’il portait en pendentif. Elle représente les trois univers : le Ciel pour les Dieux, le vivant pour les hommes et le sous-terrain pour les morts. Chaque univers a son animal symbolique respectif : le condor, le puma et serpent.

Vient ensuite la pause déjeuner… On avait quand même décidé de ne pas faire totalement nos touristes donc le buffet à 20 soles ; on avait dit « non merci » et avions fait nos petits sandwiches avec un reste d’avocat, du pain, et des tomates trouvés au petit dèj de l’auberge. Rebondissement… le guide vient nous voir ainsi que l’autre couple qui n’avait pas succombé pour nous proposer discrètement le buffet au tarif de 13 soles…on a accepté ! De retour dans le bus, un digestif à base d’anis nous est servi. Jérémie rêve alors d’une bonne vraie anisette.

Ollantaytambo

Probablement le site le plus visité de la vallée mais aussi le plus impressionnant à mes yeux. Et pour cause, c’est un des rares vestiges de l’architecture urbaine inca avec ses bâtiments, ses rues et ses patios. Cette forteresse inca, aujourd’hui devenue passage obligé pour ceux qui prennent le train pour le Machu Picchu, a un passé très glorieux. En effet, l’auberge d’Ollantay, du nom d’un guerrier, fut le siège de combats acharnés entre Incas et EspagnolsManco le chec inca s’y réfugia après la chute de Cuzco notamment après la défaite de Sacsayhuamán, site que nous avions visité la veille à Cuzco. Les troupes espagnoles se sont retrouvées inondées grâce au système d’évacuation d’eau en terrasse prévu à cet effet ! Ils sont malins ces Incas…

Le temple au loin

Le plus impressionnant reste quand même l’architecture. Rappelons que la spécificité des bâtiments incas est que les pierres tiennent les unes sur l’autre sans ciment car elles sont polies jusqu’à s’emboîter parfaitement… Et une fois polies, les blocs de pierres qui pouvaient peser jusqu’à 300 kilos étaient transportées en l´état en haut de la montagne… les explications sur la méthode utilisée est encore un peu floue.

Tout en haut le temple domine par ses pierres immenses. La forteresse se compose de cinq étages de terrasses donnant sur le ravin, et de six sur la vallée, sans compter une longue muraille qui lui sert de base.

Chinchero

De Chinchero on ne retiendra pas les ruines qu’on verra à peine car il faisait déjà bien nuit quand on atteindra le site. Par contre, on se souviendra de l’air triste de notre guide en nous annonçant qu’il y aurait bientôt un aéroport international à Chinchero qui facilitera l’accès au Machu Picchu pour les touristes… Nous aurons ensuite droit à une démonstration de tissage et teinture de la laine faite par des femmes du village. J’ai été impressionnée par leurs méthodes naturelles à base de sel, de maïs fermenté (mauve), de cochenille (rouge) et diverses plantes. Le résultat est immédiat! Après un petit thé traditionnel à base de feuille de coca, nous reprenons la route vers Cuzco des images plein la tête avec en prime des chants en quechua !

Méthode de teinture traditionnelle de la laine

On retiendra:

  • Le génie architectural des Incas malgré leur déroute devant les conquistadors espagnols
  • La négociation systématique de tout et n’importe quoi
  • Le future aéroport de Chinchero qui aura certes des avantages pour les touristes pressés mais des retombées négatives incontestables

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